Les Palmiers de Cap-Esterel

Publié le par Yves Plancq

Les Palmiers de Cap-Esterel

    Symboles d’exotisme, abondamment introduits à partir de 1850, les palmiers sont devenus un vecteur indéniable de l'attractivité touristique de la Côte d’Azur.

    En effet, hormis les Chamaerops humilis, espèce aujourd’hui protégée, ces herbes géantes de la classe des monocotylédones ne sont pas indigènes de la Côte d’Azur.

 

   Les Chamaerops humilis sont peu nombreux à Cap Estérel. On en trouve quelques-uns sous l’Hôtel de l’Estérel, place du Belvédère ou encore sous la piscine à vagues. Leurs palmes aux pétioles épineux et très agressifs sont en forme d’éventails. Cespiteux, ils forment des touffes d’un à plusieurs troncs - appelés stipes pour les palmiers - issus de la multitude de rejets qui se développent à leur base. 

   Ils sont souvent confondus avec les Trachycarpus fortunei, encore appelés Chamaerops exelsa, ou palmiers chanvre en rapport à leur stipe d’aspect « poilu ». Ceux-ci sont mono-stipes. Il en reste deux rue de l’Estérel et quelques-uns en descendant l’allée des Fleurs depuis l’ancienne réception de l’Esquinade. Leurs belles inflorescences d’un jaune lumineux apparaissent en début d’été et donnent naissances chez les femelles, à des grappes de fruits violacés à noirâtres qui renferment les graines. 

   Les Chamaerops et Trachycarpus sont les genres les plus sensibles aux papillons palmivores apparus dans la région depuis une quinzaine d’année et ils disparaissent progressivement.

  Toujours dans la catégorie à feuilles palmées, le palmier qui s’est le plus répandu ces dernières années du fait de sa croissance rapide et, en conséquence, de son coût abordable, est le Washingtonia, ce qui explique le fait qu’il soit le plus haut du village.

     Vous ne pouvez pas les rater sur la place des Arcades, l’allée qui marque l’accès à la réception principale, au bord de la piscine à vagues, aux maisons du Hameau, ou encore pour marquer l’entrée principale sur le boulevard de la 36ème Division du Texas (RD559).

      La plupart sont aujourd’hui des hybrides entre les deux espèces du genre, le filifera, trappu et résistant et le robusta plutôt gringalet contrairement à ce que son nom laisse entendre. Dans leurs Etats-Unis d’origine, leurs palmes sèches qui les protègent à la fois des ardeurs du soleil et des frimas de l’hiver les rendent extrêmement majestueux et en font des réservoirs fabuleux de biodiversité, alors que chez nous, la vue d’une seule palme sèche nous incite à les faire nettoyer chaque année. Ils résistent relativement bien aux ravageurs.

Waschingtonia dans son habitat d'origine - USA- ©Cédric Pollet

   Passons aux variétés à feuilles pennées, en formes de doubles peignes, et restons avec les « gringalets ». Nouveaux venus, car jugés peu rustiques par nos anciens, mais résistants, pour l’instant, aux ravageurs, 3 sujets au nom compliqué de Syagrus (synonyme Arecastrum) romanzoffiana ont été plantés sur le rond-point de l’entrée du parking. Certes, un peu d’arrosage en été les rendrait plus vigoureux.

   La liste des espèces de palmiers de Cap Estérel se termine avec le genre Phoenix, le plus emblématique et le mieux représenté avec ses deux espèces les plus courantes, le vrai dattier, mais dont les fruits ne mûrissent pas (encore ?) sous nos climats, et celui des Canaries. 
On dénombre 45 dactylifera disséminés sur tout le site. Les plus fortes concentrations, peu mises en valeur, sont à l’entrée du parking extérieur et un alignement de petits sujets le long de la voie d’accès au poste de sécurité.  Ils sont élancés, graphiques et leurs palmes sont d’un vert gris -bleuté. Ils évoquent l’époque coloniale et résistent bien aux charançons rouges.

 

   Les plus nombreux – il en reste une soixantaine à Cap - sont les Phoenix canariensis. Ils représentent une valeur patrimoniale non négligeable estimée à 1500 € par mètre de stipe qui s’explique par leur croissance lente de l’ordre de 10 cm par an. Ces derniers sont très imposants et il n’est pas rare d’en voir de plus d’un mètre de diamètre. Leurs feuilles sont très nombreuses, longues et majestueuses et d’un beau vert luisant. Malheureusement, ce sont les festins préférés des larves de charançons et ils subissent actuellement une hécatombe sur toute la Riviéra.

 

 

Texte Y.Plancq
Photos Ph.Pons, Y.Plancq et Cédric Pollet *

*Cédric Pollet est un photographe botaniste fréjussien, conférencier, ingénieur horticole et passionné de bois, de graines et d’écorces. 

Il est l’auteur de 3 ouvrages photographiques : Ecorces tomes 1 et 2 et Jardins d’hiver aux éditions UImer

 


 

 
 

 

Publié dans 2021

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Commenter cet article

Cédric S 24/02/2021 10:12

Merci pour ces belles photos et joli article ! Nous ne regarderons plus de la même façon ces palmiers...

24/02/2021 13:53

Merci pour vos commentaires - A très bientôt sur le blog capesterel-ascape.com

Jacques-Henry Penant 23/02/2021 15:37

Merci de nous faire découvrir et connaître tous ces différents palmiers qui font le charme et la beauté de
Cap Esterel que nous aimons .

24/02/2021 13:53

Merci pour vos commentaires - A très bientôt sur le blog capesterel-ascape.com

Sandrine Perret 23/02/2021 12:32

Merci et bravo pour ce bel article. C'est vrai que la végétation de Cap est magnifique !

24/02/2021 13:49

Merci pour vos commentaires - A très bientôt sur le blog capesterel-ascape.com